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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89, Prahda, Ofpra. Signer la pétition pour la régularisation : https://secure.avaaz.org/fr/community_petitions/emmanuel_macron_et_le_gouvernement_francais_france_regularisation_de_tous_les_sanspapiers/?txqxfqb&fbclid=IwAR2vLV1piiM2wCy8EP05vhzCNFk5iLL_tvPjntEgXI5yFb9Qk4kBBKrgprY

Le cruel "théâtre" du tribunal administratif de Melun. Pas un seul regard vers les demandeurs debouts sur le côté avec leur traducteur.

Publié le 2 Mars 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, Dublin

Le cruel "théâtre" du tribunal administratif de Melun. Pas un seul regard vers les demandeurs debouts sur le côté avec leur traducteur.

Au CAO d'Auxerre, il y a actuellement quatre demandeurs Dublin. Ils viennent de Seine-et-Marne. Deux autres demandeurs sont d'ailleurs arrivés la semaine dernière de ce même département. Une nouvelle lame de fond? A laquelle nous devrons faire face?

 

Un demandeur en urgence absolue

 

L'un de ces demandeurs était en urgence absolue. Transféré après sa notification, faire valoir ses droits fondamentaux à l'appel a été gravement menacé!! Il a fallu toute son énergie, la nôtre et celle de plusieurs avocats dont on souhaite saluer l'engagement, pour qu'il puisse déposer son recours et être représenté.

 

Cruel théâtre

 

Ce demandeur était convoqué à 9 h 30. Il y avait quatre affaires. L'audience n'a commencé qu'à 11 h 30. Responsable : l'avocat du préfet qui a produit des documents dans d'autres affaires  jusque juste avant l'heure d'audience prévue. Alors que c'est bien la préfecture qui organise les transferts.

Choc : deux demandeurs sont là, venus, menottés, du centre de rétention.

 

Le juge est un homme d'un certain âge, bon chic, bon genre, qui "semble" attentif. Mais ce qui frappe et qui dit tout : il n'a même jamais jeté un seul regard vers les demandeurs, placés symboliquement sur le côté avec leur traducteur. En fait, toutes les demandes seront brutalement rejetées. C'est apparemment systématiquement le cas dans cette région, en particulier avec ce juge. L'avocat du préfet s'est appuyé sur des décisions de Paris. L'avocat du demandeur a bien expliqué le risque sérieux de renvoi en Afghanistan, il a produit des jurisprudences allant dans ce sens. En vain. Nous avons gagné pourtant à Dijon sur des dossiers semblables en particulier pour le 2ème demandeur qui avait tous les documents prouvant son renvoi, dont l'obligation de quitter le territoire suédois.

 

Un demandeur arrivé à 14 ans en Suède, mineur isolé et à 18 ans débouté Suède

 

Sur place, nous avons fait connaissance d'un autre très jeune demandeur afghan. Arrivé en Europe, on lui a recommandé d'aller en Suède pour leur accueil des mineurs isolés! Il avait 14 ans. Il a suivi le collège, parle parfaitement suédois et bien entendu ... à 18 ans, il a été débouté du droit d'asile !! Conformément aux pratiques que nous connaissons de la Suède, le transfert vers l'Afghanistan est inéluctable en cas de retour forcé dans ce pays.

 

Concernant le demandeur du CAO, il est débouté Allemagne, qui renvoie vers l'Aghanistan et la décision est donc très grave pour lui aussi

 

Déboutés, l'avion vers l'Afghanistan ou la rue

 

Pour ces deux demandeurs vaut donc le risque absolu que nous dénoncions lors d'une de nos manifestations à Auxerre : l'avion vers l'Afghanistan ou la rue

 

Voilà, bien que l'on s'y attende toujours, le choc est toujours aussi grand.

Et notre sentiment de responsabilité toujours immense.

 

 

Le cruel "théâtre" du tribunal administratif de Melun. Pas un seul regard vers les demandeurs debouts sur le côté avec leur traducteur.
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CAO d'Auxerre - Des matelas par terre, des lits doubles descendus. Des affaires des demandeurs partout. Les casiers pour la nourriture envahis par les aliments des uns et des autres.Des conditions inadmissibles et pourtant évitables.

Publié le 1 Mars 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, Chronique en 89

CAO d'Auxerre - Des matelas par terre, des lits doubles descendus. Des affaires des demandeurs partout. Les casiers pour la nourriture envahis par les aliments des uns et des autres.Des conditions inadmissibles et pourtant évitables.

Visite jeudi! Deuxième étage.

 

Des matelas par terre, des lits doubles descendus. Des affaires des demandeurs partout. Les casiers pour la nourriture envahis par les aliments des uns et des autres.

Des demandeurs arrivés depuis peu qui ne comprennent à ce qui se passe, des demandeurs qui sont convoqués sous peu à la CNDA ou l'Ofpra qui ont besoin de se préparer, des demandeurs fragilisés psychologiquement par des mois d'attente, des demandeurs qui travaillent. Tous "pêle-mêle", comment dire autrement dans les quatre chambres de l'étage.

Et une tension tout à fait logique en ce début de soirée qu'il faut apaiser.

 

Ok. Après l'agression mortelle, et leur responsabilité, le CAO rénove enfin. Ils vont faire des chambres à deux lits.

Mais alors pourquoi avoir accepté depuis janvier de nouveaux demandeurs venus en grande partie de Seine et Marne. Ce projet de rénovation ne s'est pas fait en un jour.

De plus, comme ce sont les vacances, il n'y a qu'une personne de Coallia présente et personne en début de soirée.

 

De nouveau, l'inadmissible qui était évitable!

 

 

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En Méditerranée, la honte. 6 embarcations payées et livrées à la Libye pour la chasse aux migrants

Publié le 22 Février 2019 par lieb dans nous informons

Dessin d'Elisabeth

Dessin d'Elisabeth

"La France va livrer six embarcations rapides à la marine libyenne pour lutter contre l'immigration clandestine, a annoncé jeudi le ministère des Armées, confirmant une information du quotidien Le Monde. La ministre des Armées Florence Parly en a fait l’annonce lors d’une rencontre avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj en marge de la conférence sur la sécurité de Munich le 17 février.

 Elle a annoncé la cession à la Libye de six embarcations marines, qui seront livrées à partir du printemps prochain », a indiqué Yasmine-Eva Fares-Emery, porte-parole du ministère des Armées, lors d’un point de presse hebdomadaire.

« Soutien de la France aux efforts de la marine libyenne »

La France achètera ces bateaux, des embarcations à coque semi-rigide du fabricant français Sillinger, pour les remettre à la Libye , a-t-on précisé au ministère des Armées. « Cette action s’inscrit dans le cadre du soutien de la France aux efforts de la marine libyenne pour lutter contre l’immigration clandestine », a ajouté le ministère.

La France est engagée par ailleurs dans la lutte contre l’immigration clandestine en Méditerranée au côté de la Libye et d’autres pays riverains ainsi que via l’opération européenne Sophia et la mission Frontex."

Ouest-France

Transmis par un militant.

En Méditerranée, la honte. 6 embarcations payées et livrées à la Libye pour la chasse aux migrants
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Deux ans et demi de souffrances, pourquoi?... Aujourd'hui, un demandeur reçoit la réponse positive de la CNDA, une profonde joie mêlée d'angoisse.

Publié le 17 Février 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, CNDA, Dublin, Chronique en 89, Ofpra

Deux ans et demi de souffrances, pourquoi?...  Aujourd'hui, un demandeur reçoit la réponse positive de la CNDA, une profonde joie mêlée d'angoisse.

C'était en septembre 2016. J'arrivais au CAO d'Auxerre, rendant visite aux demandeurs d'asile transférés les uns après les autres de Sens à Auxerre.

Dans ce CAO, je faisais connaissance d'autres demandeurs, parmi eux, lui.

Durant 10 mois, nous partageons tous ensemble, les longues journées des Dublins, redoutant chaque jour la notification d'un transfert, les vols et la déclaration de fuite.

Durant ces dix mois, les demandeurs d'asile soudanais écrivent une lettre collective au préfet qui n'en tient pas compte. Pourtant, pratiquement tous ceux qui réussiront à passer en procédure normale, auront le statut de réfugié.

Il est l' un des derniers à être notifié avant la fin de ce délai qui lui aurait permis de passer en procédure normale. Désespéré, il se rend à Paris pour trouver un avocat. Il n'aura jamais de deuxième convocation. Avec les élections, les transferts s'arrêtent.

Commence alors la très longue attente du changement de procédure, puis de l'entretien avec l'Ofpra.

Un jour, il est transféré loin de ses amis, de nous. Dans une ville en déshérence. C'est le début pour lui d'un désespoir qui s'installe et qui ne le quitte plus.

Il perd à l'Ofpra : il a trop parlé disent-ils. Il dit, je n'ai pas pu m'expliquer.

Après huit mois d'attente, il passe à la CNDA. Il préfère y aller seul.

Aujourd'hui, il reçoit la réponse positive. Deux ans et six mois, une souffrance qui s'installe et aujourd'hui, une joie mêlée d'angoisse pour qui le soutient.

Deux ans et demi de souffrance. Pourquoi? Et surtout une question lancinante, pourra-t-il se reconstruire?

Deux ans et demi de souffrances, pourquoi?...  Aujourd'hui, un demandeur reçoit la réponse positive de la CNDA, une profonde joie mêlée d'angoisse.
Un appel de demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre

 

Lettre à l’intention des autorités françaises,

Des demandeurs d’asile soudanais d’Auxerre, janvier 2017

 

Avant la guerre civile, nous vivions tranquillement dans notre pays. Puis les guerres se sont déclenchées partout dans notre province du Darfour et nous sommes devenus les victimes à la fois du gouvernement et des milices armées, et jusqu’à ce jour nous n’avons pas trouvé la paix car, malgré tous les appels au secours que nous avons lancés, nous avons perdu nos familles, nos proches.

 

Nous avons dû quitter la terre de nos aïeux en laissant derrière nous tous nos biens, tout ce qui nous est cher pour trouver un endroit pour continuer à vivre comme des êtres humains et nous sommes parvenus en Libye avec l’espoir d’y trouver refuge, de pouvoir y vivre et y travailler.

 

Mais là-bas aussi, la vie s’est révélée impossible du fait de la guerre entre les milices qui n’ont aucun sens de l’humanité. La vie y était tellement terrible que même dire les souffrances que nous avons endurées nous est impossible.

 

Alors, nous avons tenté de venir en Europe où nous avions l’espoir de trouver protection, la possibilité de vivre, et le respect des droits de l’Homme dont nous avions toujours entendu parler.

 

Mais venir en Europe est très dangereux, il faut prendre des risques, parcourir plus d’un millier de kilomètres en barque. Nous n’avions donc qu’une alternative : soit rester en Libye dans ces terribles conditions, soit prendre le risque de traverser la Méditerranée avec des chances infimes de survie.

 

Nous avons décidé d’aller en Italie. Après une dizaine d’heures de navigation, où nous avons frôlé la mort, nous avons été récupérés par les équipes de sauvetage et emmenés dans des camps. Mais là, nous avons été battus et privés de nourriture parce que nous refusions de donner nos empreintes !

 

Du fait de cette attitude de l’Italie envers nous, nous ne pouvions imaginer quel avenir nous aurions dans ce pays et pouvoir y trouver la protection et la vie que nous recherchions, c’est pourquoi nous avons décidé de nouveau de partir vers un autre pays qui serait certainement mieux pour nous, et ce pays était pour nous la France.

Après plusieurs tentatives, nous sommes parvenus sur le sol français, espérant y trouver la protection et la possibilité de vivre. La France nous a bien acceptés et beaucoup aidés et nous avons retrouvé ici des gens de tous les pays d’Afrique.

 

Nous avons effectué toutes les démarches nécessaires pour bénéficier de l’asile et pendant ces sept mois d’attente, nous avons fait tout notre possible pour apprendre le français, dans des conditions difficiles, sans activité et sans accompagnement.

Alors, nous avons été désespérés par la décision de nous renvoyer en Italie alors même que nos empreintes y avaient été prises de  force.

 

Nous demandons la protection de la France. Nous espérons que l’Etat réexaminera nos dossiers et nous viendra en aide.

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Un demandeur d'asile du F1 de Sens (Juillet 2016) devant la CNDA - un accompagnement, des croquis, des mots. Une attente infinie, une infinie et patiente présence.

Publié le 16 Février 2019 par lieb dans CNDA, Chronique en 89, F1 Sens, Ofpra

Un demandeur d'asile du F1 de Sens (Juillet 2016) devant la CNDA - un accompagnement, des croquis, des mots. Une attente infinie, une infinie et patiente présence.

Une attente infinie, une infinie et patiente présence ...

 

Un demandeur d'asile arrivé en juillet 2016 à Sens, A., est passé devant la CNDA. Tous les amis qui accompagnaient ces demandeurs durant cet été 2016 se souviendront de lui. Sa gentillesse, son sourire. De milieu modeste, il n'avait pas su s'expliquer correctement à l'Ofpra.

 

Après plus deux ans et six mois, de Sens en Auxerre, de Joigny en Vergigny, une amie l'a accompagné, gardant toujours le contact. C'est ainsi qu'elle a pu être présente auprès de lui lors de sa convocation.

Un demandeur d'asile du F1 de Sens (Juillet 2016) devant la CNDA - un accompagnement, des croquis, des mots. Une attente infinie, une infinie et patiente présence.

Elle en a ramené ces croquis et ces quelques mots : 

 

"Arrivés à 13 heures, il était convoqué à 15 h 30, nous ne sommes ressortis qu'à 19 heures On croise les doigts dans cette grande machine judiciaire en usinage. J'ai fait ces croquis de personnes diverses, qui étaient là. Une femme, un enfant et un jeune homme... Laborieuse journée, mais je tenais à être là pour A.."

A la violence de l’État face aux demandeurs, certains s'attachent à répondre par une infinie et patiente présence.

Pour les demandeurs, c'est vital au long de ces interminables jours et vital en ces moments cruciaux où tout se décide pour eux.

 

La CNDA donnera sa réponse le 26.!

 

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CAO d'Auxerre. Changement d'ambiance, et permanence de la politique d'expulsion et de refus d'asile.

Publié le 15 Février 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, CNDA, Dublin, Jaulges, Nous les soutenons, Ofpra, Prahda, nous informons

CAO d'Auxerre. Changement d'ambiance, et permanence de la politique d'expulsion et de refus d'asile.

Une impression? Y aurait-il un peu plus d'humanité et de respect?

Article mis à jour le 15.02.2019

Une salle de sport est mise depuis un mois à la disposition des demandeurs. Après toutes ces années passées sans rien pour "humaniser" les interminables mois d'attente ... Un meilleur accueil, les anciens travailleurs sociaux ont été éloignés (seulement déplacés). Il aura fallu pour cela la mort d'un demandeur où la responsabilité de Coallia est profondément engagée. Et la révélation des conditions inadmissibles qui régnaient dans ce CAO, conditions que "les autorités" n'ont pas pu ignorer plus longtemps.

Rappelons qu'une plainte de personnes et associations serait plus que nécessaire pour que ne soit pas enterré ce terrible fait et que les conditions de non accueil puissent être dénoncées à Auxerre, mais aussi à Jaulges et Appoigny

Quant à la politique d'expulsion, elle est toujours à l’œuvre dans le département : quatre demandeurs ont été arrêtés au petit matin et expulsés ces dernières semaines. C'étaient les derniers Dublin présents.

Et apparemment le département est toujours aussi apprécié des expulseurs : quatre demandeurs Dublin, tous quatre Afghans, tous quatre déboutés en Allemagne, sont arrivés lundi 4 février. L'un d'eux, en urgence absolue, est déjà notifié en Seine et Marne et donc expulsable, un appel est possible, mais bien difficile, on s'imagine, à organiser de l'Yonne en si peu de temps.

Toujours le même respect des droits des demandeurs! Et la même pression pour nous, le même désespoir pour eux.

Sinon, il y a un grand nombre de demandeurs devant l'Ofpra ou la CNDA.  Comme Coallia apportait une aide plus que minimale, l'accompagnement est vital. Et ils sont actuellement plus de 20.

Un travail de Titan et angoissant, qui ne s'arrête jamais.

 

 

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Janvier 2019. Rendre visite régulièrement au CAO d'Auxerre, c'est ...

Publié le 1 Février 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, Dublin

Janvier 2019. Rendre visite régulièrement au CAO d'Auxerre, c'est ...

Cet article a été modifié, étant donné la transformation profonde des relations instaurées depuis début 2019 par le personnel avec les demandeurs d'asile, transformations dont nous sommes témoins  au quotidien après cette triste période. Nous tenons à rendre hommage au travail des personnes actuellement en place.

Rendre visite aux demandeurs du CAO d'Auxerre

Rendre visite régulièrement au CAO d'Auxerre, c'est repartir bouleversé(e) devant les situations individuelles,  et l’écœurement devant la politique du refus d'asile, pour les Dublin, les DA devant l'Ofpra, la CNDA.

Rendre visite au CAO d'Auxerre, c'est aller d'étage en étage pour tenter de faire le point avec chacun et essayer de ne négliger personne :

. Découvrir qu'à un étage, les demandeurs se battent depuis des mois contre ce qui est certainement des punaises de lit et qui empêchent tout sommeil,

. Avoir la bonne surprise de voir que les trois demandeurs "accueillis" de l'Aquarius ont leurs papiers de 10 ans et imaginer ce qu'ils auraient vécu s'ils étaient arrivés comme les autres DA, montrant ainsi qu'une autre politique de l'asile est possible et rendant encore plus amers les refus et les expulsions des Dublin.

. C'est apprendre que la police est intervenue le matin même de votre visite, pour expulser un jeune demandeur, qui nous avait tant touchés par sa volonté d'apprendre, sa maturité et sa gentillesse.

. Et ressentir, le choc ressenti par les trois demandeurs qui partageaient la chambre. A l'arrivée, la chambre est plongée dans un noir profond, tout le monde tente de dormir pour échapper au choc.

. C'est apprendre le même jour, les refus Ofpra pour deux demandeurs.

. C'est partager un moment de télévision avec un demandeur qui attend et attend sa convocation à la CNDA.

. C'est entendre la demande pressante de plusieurs demandeurs de pouvoir être transférés à tout prix dans un autre centre. Et pour certains, la demande de rencontrer un psychologue après qu'ils ont été témoins de l'agression mortelle en décembre. Mais là, pas de cellule psychologique, même pas au moment de l'agression

Après la terrible période de février à juin 2018, dont peu ont pris la mesure même parmi les personnes mobilisées : cette volonté acharnée de terminer avant l'entrée en juillet les décisions de transferts et les expulsions qui a touché des dizaines et des dizaines demandeurs raflés et transférés dans le département, depuis septembre, beaucoup d'interrogations sur la politique en cours pour les demandeurs d'asile.

En effet, peu de personnes Dublin arrivent. Est-ce dans le département, le calme relatif avant une nouvelle tempête. Quelle politique le pouvoir a-t-il décidé pour les Dublin.

Les évacuations de La Chapelle de ce mois de janvier nous donneront-elles une réponse?

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2018, année noire des expulsions dans l'Yonne. Que sera 2019?

Publié le 29 Décembre 2018 par lieb dans Chronique en 89, CAO Coallia Auxerre, Jaulges, nous analysons, nous informons, Dublin

Jaulges

Jaulges

L'année 2018 a été une année noire.

 

Depuis juin/juillet 2016, le département avait été "choisi" comme d'autres pour "mettre à l'abri" les demandeurs d'asile, raflés dans les rues.

Depuis cette époque, des dizaines de demandeurs d'asile avaient dû s'enfuir, retourner à la rue, pour éviter les expulsions.

Durant les élections, les délais de 10 mois pour sortir de Dublin avaient été dépassés et ces demandeurs, sauvés de la rue, ont souvent obtenu ... des cartes de dix ans.

 

En février 2018, une nouvelle offensive de L’État s'est développée. Des dizaines et des dizaines de demandeurs se sont vus notifier leur expulsion. Chaque semaine, trois jours par semaine (un jour avait été rajouté!), les demandeurs ont été notifiés à la chaîne. Une machine infernale s'est mise en place, jusqu'à la recherche tous azimuts de traducteurs.

La préfecture n'a pas hésité à placer des notifications jusque dans l'après-midi du vendredi, alors que les appels doivent être effectués dans les 48 heures et que ceux-ci ne peuvent être déposés que jusqu'au samedi midi!

Symbole : la dernière notification a été effectuée le 29 juin, un vendredi, à 14 h 30. Symbole, le soutien à ces demandeurs à permis de déposer le recours ... qui a été gagné!

 

Le triste bilan de l'année 2018 a donc été des dizaines et dizaines de notifications. Aucun recours accepté, même pour des situations médicales gravement claires. Des demandeurs d'asile expulsés vers tous les pays d'Europe, en particulier des demandeurs déboutés dans des pays qui expulsent vers les pays d'origine et qui n'ont pas pu bénéficier de notre aide - les demandeurs de Jaulges en particulier - , contraints de s'enfuir.

 

L'année 2018 s'est symboliquement terminée par un raid en pleine nuit pour se saisir de demandeurs Dublin à Jaulges.

 

Année 2018 qui s'est tragiquement terminée par la mort d'un demandeur d'asile au CAO d'Auxerre, mort pour laquelle la responsabilité de la structure "d'accueil" est clairement établie par les faits.

 

 

Que sera la politique de L’État pour les demandeurs d'asile en 2019

Quelle solidarité pour 2019. Quelles actions voudrons-nous mettre en place?

A genoux, les mains sur la tête, devant Jaulges, le Prahda, Auxerre, contre les expulsions aussi?!

A genoux, les mains sur la tête, devant Jaulges, le Prahda, Auxerre, contre les expulsions aussi?!

Le blog, en tous les cas, pense à tous ces demandeurs d'asile en but à une politique d’État inique et raciste, et à son insigne violence.

 

Demandeurs d'asile en 89

Dessins d'Elisabeth inspirés par les DA.

Dessins d'Elisabeth inspirés par les DA.

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Deux événements ont eu lieu récemment dans le département, tragique symbole de ce qui s'est passé et se passe ici. La mort d'un demandeur à Coallia Auxerre, un raid policier en pleine nuit à Jaulges. Il n'est pas trop tard pour informer et se mobiliser.

Publié le 20 Décembre 2018 par lieb

Jaulges et AuxerreJaulges et Auxerre

Jaulges et Auxerre

Depuis l'arrivée dans le département des demandeurs d'asile en juillet 2016, ceux-ci sont soumis à une chasse à l'homme ininterrompue et à des conditions de non vie dans les centres.

En grande majorité Dublin, ils ont subi la politique de transfert de plein fouet. Raflés, ils ont été transférés d'abord dans les CAO existants d'Auxerre et de Vergigny. puis des nouveaux centres se sont ouverts à Villeblevin et à Jaulges, enfin au Prahda d'Appoigny.

 

Il n'a pas été facile  dans un premier temps de mobiliser même au sein des mouvements attentifs à l'immigration.

Si un collectif s'est créé rapidement à Villeblevin, il n'en a pas été de même au CAO d'Auxerre et surtout à Jaulges.

L'ouverture ensuite du Prahda d'Appoigny a dans un premier temps cristallisé la prise de conscience et un mouvement large et offensif s'est créé. C'est alors que la présence aux notifications et aux appels a pu être avancée et une prise de conscience de ce que signifiait la procédure Dublin s'est développée. L'information a pris corps lors de manifestations importantes. Cependant, le mouvement d'Appoigny s'est transformé peu à peu en collectif de soutien aux migrants d'Appoigny.

 

En février 2018 s'est mise en place dans le département une machine infernale.

Des dizaines et dizaines d'expulsions jusqu'au 29 juin ont permis au préfet de terminer sa sinistre besogne avant les vacances. Si notre présence, même minime a pu permettre d'accompagner efficacement les demandeurs du CAO d'Auxerre, ceux de Jaulges sont restés dans un total abandon.

 

La fin 2018 a montré clairement l'importance d'une présence plus forte et de l'information pour ce qui se passe dans ces lieux d'hébergement et les conséquences dans notre département de la politique de non asile.

L'agression mortelle au CAO d'Auxerre n'était pas une fatalité. Le jeune agresseur était dans un état inquiétant et la police était intervenue le matin même suite à une première agression. C'est la conséquence directe de la "politique" de Coallia au quotidien.

A Jaulges, un nombre impressionnant de demandeurs d'asile ont dû fuir depuis des mois les transferts, parmi eux des déboutés du droit d'asile risquant le retour dans les pays d'origine. Les appels à Dijon n'ont pas été faits et c'est dans des situations catastrophiques qu'ils se sont enfuis. Or, le travail effectué auprès des demandeurs des autres centres a permis non seulement de déposer tous les recours, mais des demandeurs aujourd'hui obtiennent aujourd'hui l'asile et même le statut de réfugié et des cartes de 10 ans.

Dernier événement à Jaulges, inadmissible au sens propre : la police a effectué récemment un véritable raid de nuit.

 

Ces deux événements (je ne trouve pas d'autres mots), la mort de ce demandeur à Coallia et le raid de Jaulges devraient mobiliser toutes nos forces. Pour dans ces deux cas, se tourner contre Coallia, car peu à peu le silence se fait, et contre Jaulges.

Il est certain que nous arrivons à la fin de la présence des Dublin dans l'Yonne. Le but est maintenant de  rendre les demandeurs d'asile encore plus invisibles en les parquant dans des centres quasi fermés et en les regroupant dans des centres régionaux.

 

Pourtant, nous pouvons encore informer et influer sur ce qui s'est passé et qui se passe dans le département. Il n'est pas trop tard pour manifester fortement face à ces deux événements et décider de nous mobiliser.

 

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Contre les arrestations à Jaulges, au Prahda d'Appoigny, au CAO d'Auxerre, comme tant d'autres en France, à genoux, les mains sur la tête et entravés ...

Publié le 8 Décembre 2018 par lieb

Contre les arrestations à Jaulges, au Prahda d'Appoigny, au CAO d'Auxerre, comme tant d'autres en France, à genoux, les mains sur la tête et entravés ...Contre les arrestations à Jaulges, au Prahda d'Appoigny, au CAO d'Auxerre, comme tant d'autres en France, à genoux, les mains sur la tête et entravés ...
Contre les arrestations à Jaulges, au Prahda d'Appoigny, au CAO d'Auxerre, comme tant d'autres en France, à genoux, les mains sur la tête et entravés ...Contre les arrestations à Jaulges, au Prahda d'Appoigny, au CAO d'Auxerre, comme tant d'autres en France, à genoux, les mains sur la tête et entravés ...
Le silence les condamne.
Les laisse sans protection.
Face aux expulsions.
 
ET ON PEUT LES ARRETER SUR LES LIEUX MEMES OU ILS VIVENT

 

Encore une fois, et une fois encore.
CET APPEL.
Il faut briser le silence qui
entoure certains lieux "d'hébergement"
dans l'Yonne.
Et où la police peut se permettre d'intervenir en pleine nuit comme à Jaulges.
Ou venir les chercher à l'aube dans les chambres.
Cela doit s'arrêter.
Nous devons briser le silence.

 

STOP EXPULSIONS

A GENOUX, LES MAINS SUR LA TETE, ENTRAVES ?

POURQUOI PAS.

 

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