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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89, Prahda, Ofpra. Signer la pétition pour la régularisation : https://secure.avaaz.org/fr/community_petitions/emmanuel_macron_et_le_gouvernement_francais_france_regularisation_de_tous_les_sanspapiers/?txqxfqb&fbclid=IwAR2vLV1piiM2wCy8EP05vhzCNFk5iLL_tvPjntEgXI5yFb9Qk4kBBKrgprY

Lettre ouverte de l'Anafé. Demande de libération des personnes enfermées dans les zones d’attente dans les aéroports

Publié le 21 Mars 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne

Zone d'attente de Roissy

Zone d'attente de Roissy

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la Ministre de la Justice,

Messieurs les Ministres de l’intérieur, de l’Europe et des affaires étrangères, de la solidarité et de la santé,

 

L’Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) souhaite vous faire part de ses extrêmes préoccupations quant aux risques de contamination par le Covid-19 des personnes maintenues en zone d’attente ainsi que du personnel y intervenant, à la violation des prescriptions du Président de la République, du ministère de la santé et de l’organisation mondiale de la santé (OMS) pour limiter la propagation du virus et à la privation de liberté sans objet des personnes maintenues.

 

Aujourd’hui, le 19 mars 2020, 53 personnes sont maintenues en zones d’attente dont 47 dans la ZA de Roissy, 1 à Orly, 2 à Marseille-Provence, 2 à Bâle-Mulhouse et 1 à Toulouse. Certaines sont présentes depuis plusieurs jours (une personne est présente depuis 14 jours), d’autres ont fait l’objet d’un refus d’entrée sur le territoire hier.

 

Il est reproché à ces personnes de ne pas justifier de la régularité de leur entrée sur le territoire ou de solliciter la protection internationale au titre de l’asile, ce qui justifie leur placement en zone d’attente. Or, la loi prévoit qu’elles ne peuvent être maintenues que le temps strictement nécessaire à l’organisation de leur départ (ou à l’examen de leur demande d’asile) et à la condition expresse qu’il existe des perspectives raisonnables que ce départ puisse être effectif à brève échéance. Or, l’éloignement de ces personnes est impossible, aujourd’hui et pour les semaines à venir et ce, pour deux raisons. D’une part, la plupart des liaisons aériennes avec les pays vers lesquels elles devaient être renvoyées ont été interrompues. D’autre part, leur éloignement du territoire serait contraire aux recommandations de l’OMS qui visent à limiter les risques d’exportation ou d’importation de la maladie.

 

La privation de liberté subie par ces personnes ne répond donc pas aux conditions prévues par les textes applicables aux droits des étrangers en France et leur est imposée en violation de leurs droits fondamentaux.

 

Sur le plan sanitaire, aucune mesure satisfaisante ne semble avoir été mise en place, ni pour les protéger ni pour protéger les personnes qui gèrent ces lieux ou y interviennent quotidiennement contre les risques de contamination.

 

Il n’existe pas de protocole permettant de s’assurer que tant les personnes étrangères qui arrivent en ZA que les personnels qui y pénètrent ne sont pas porteuses du virus. Si des mesures ont été prises à Roissy dès l’arrivée en aérogare et ensuite dans la ZAPI (zone d’attente pour les personnes en instance) du fait de la présence de l’unité médicale de la zone d’attente qui est présente tous les jours de 8h à 20h, il n’en va pas de même pour les autres zones d’attente où il n’y a pas de présence médicale. Si certains services de la police aux frontières parlent de mise à l’isolement, d’autres parlent de transfert à l’hôpital ou d’appel aux pompiers ou SAMU. La présentation à un service médical serait soumise à l’apparition de symptômes, ce qui ne permet pas d’éviter la contamination en cas de porteurs asymptomatiques. Certains personnels de la PAF auraient été formés à détecter les symptômes, sachant qu’ils ne font pas partie du personnel de santé – ce qui a pu créer du stress chez certains.

 

Les personnes enfermées ne sont pas toujours informées des risques liés à la contamination par le Covid-19 et des mesures mises en place par le gouvernement. Il en va de même pour l’évolution de la situation au niveau national et mondial. Il va sans dire que l’affichage des préconisations du ministère de la santé en langue française ne saurait suffire.

 

Les prescriptions du Président de la République et du ministère de la santé ne peuvent pas être respectées dans ces lieux, qu’il s’agisse de la distanciation sociale ou des gestes barrières.

 

L’Anafé a pu également noter qu’il y avait un cruel manque de matériel nécessaire pour les personnes maintenues et le personnel intervenant en ZA incluant les services de police. A Roissy par exemple, le personnel de police a des gants et des masques. Mais ce n’est pas le cas du reste du personnel présent sur place et des personnes maintenues. Si du savon et du gel hydroalcoolique ont été distribués et mis à disposition la semaine dernière, il semble qu’il y ait une rupture dans l’approvisionnement à l’heure actuelle. Dans les autres ZA, la situation est plus disparate. D’une manière générale, il semblerait que la police ait accès à des masques, gants et gel hydroalcoolique ou savon. Pour les personnes maintenues, il n’y a pas toujours de savon ou de gel.

 

Avec la restriction des liaisons aériennes, il semblerait que les risques de contamination probables soient plus liés à la présence du personnel en raison de la propagation du virus en France, bien que les risques d’une contamination par une personne qui arriverait sur le territoire ne soient pas à exclure.

 

Le 18 mars encore, il y avait des liaisons avec l’Espagne dans a minima les aéroports de Nantes, Bordeaux, Orly, Marseille-Provence, Beauvais, avec l’Italie dans les aéroports d’Orly, Marseille, Beauvais, avec la Grèce dans les aéroports d’Orly, Marseille et Beauvais. De nombreux aéroports continuent de desservir l’Algérie, le Maroc et le Portugal. Le 19 mars, à Roissy, la plupart des vols maintenus sont des vols internes, des vols intra-européens ou à destination des Emirats Arabes Unis, du Canada… Mais la situation évolue très vite, des vols étant annulés d’heure en heure.

 

Les conséquences d’une contamination dans de tels lieux, confinés, sans aération, sans avoir la possibilité d’ouvrir les fenêtres et parfois même de s’aérer, auraient des conséquences catastrophiques en termes de contamination concomitante d’un nombre de personnes (enfermées ou salariées) présentes.

 

Par ailleurs les refoulements se poursuivent et ce, en violation des prescriptions de l’OMS qui prévoit qu’il faut limiter les risques d’exportation ou d’importation de la maladie.

 

D’une part, il semblerait que dans certains aéroports soient privilégiés les refoulements directs au moment de l’arrivée (encore appelés refoulements à chaud) c’est-à-dire sans placement en zone d’attente. Au-delà de la question sanitaire, cette pratique pose la question de la violation du principe de non-refoulement et du droit d’asile.

 

D’autre part, certaines personnes maintenues en zones d’attente auraient fait l’objet de refoulement hier (dans les zones d’attente d’Orly, Toulouse, Marseille notamment). Plusieurs personnes ont fait l’objet de tentative de renvoi hier à Orly. Deux personnes maintenues qui se seraient opposées à leur embarquement, ont été déférées au tribunal correctionnel de Créteil et ont une audience en comparution immédiate ce jour. Si la légalité de la pratique n’est pas remise en doute à ce stade, se pose la question du risque de contagion dans les prisons (à l’heure où un premier détenu est décédé à Fresnes), notamment du fait de l’arrivée récente sur le territoire. De même, un couple maintenu le 18 mars à Beauvais en provenance de Grèce semble avoir été refoulé ce jour étant donné qu’il n’est plus en zone d’attente.

 

Par ailleurs, du fait de la fermeture de nombreuses juridictions (tribunaux administratifs et juridictions judiciaires), il n’y a pas d’accès au juge garanti. Déjà pour les personnes en demande de protection internationale dont la demande aurait été rejetée par le ministère de l’intérieur, il est matériellement impossible pour elle de déposer un recours.

 

De plus, certaines juridictions judiciaires ne siègent plus. Tel est le cas du tribunal de grande instance de Bobigny, dont dépend la zone d’attente de Roissy. En effet, le Président du tribunal de grande instance de Bobigny a pris une ordonnance de roulement mardi 17 mars 2020 précisant que « les audiences du juge des libertés et de la détention statuant sur le maintien des étrangers en zone d’attente internationale sont annulées pour toute la durée d’application du plan de continuité ». Ainsi, depuis hier, il n’y a plus d’audience devant le JLD de Bobigny. Les personnes maintenues qui devraient être présentées au JLD font donc l’objet de libération en raison de l’expiration de la durée légale de maintien (que ce soit au bout de 4 jours ou au bout de 12), restant enfermées jusqu’alors.

 

Pour les personnes que l’Anafé suit dans les différentes zones d’attente et pour lesquelles l’obtention des documents administratifs (refus d’entrée, maintien en ZA, décision du JLD, refus d’admission au titre de l’asile…) sont nécessaires pour exercer les voies de recours, les services de police nous ont répondu qu’il fallait que l’on se déplace pour obtenir informations et/ou documents. C’est notamment le cas à Orly, Beauvais, Marseille, Bâle-Mulhouse. Cette réponse est scandaleuse dans le contexte sanitaire actuel. Surtout, une telle attitude ne permet pas aux personnes d’exercer leur droit et à l’Anafé d’exercer sa mission.

 

Malgré tous ces éléments, les placements en zones d’attente continuent.

 

Par exemple, le 18 mars 2020 à 10h, la ZAPI comptait 38 personnes maintenues (dont 4 ont été libérées du fait de l’absence d’audience du JLD). Le 19 mars à la même heure, la ZAPI comptait 47 personnes. A Marseille-Provence, il n’y avait personne le 17 mars, et deux personnes sont maintenues depuis – sans perspective d’éloignement étant donné que les compagnies aériennes qui desservent leur pays de provenance viennent d’annuler tous leurs vols. A Toulouse, il n’y avait personne le 18 mars mais une personne le 19 mars. A Bâle-Mulhouse, deux personnes sont présentes aujourd’hui alors qu’il n’y avait personne hier.

 

Le placement en zone d’attente alors qu’aucune possibilité de refoulement n’est raisonnablement envisageable d’un point de vue sanitaire et d’un point de vue des vols disponibles est donc sans objet, et confine à une privation de liberté arbitraire.

 

Au contraire, il augmente les risques de contamination des personnes qui y sont maintenues, des personnes qui y travaillent et potentiellement des pays où les personnes seraient éventuellement refoulées.

 

De telles pratiques vont à l’encontre du discours du 16 mars du Président de la République Emmanuel Macron qui a appelé à faire preuve « d’esprit solidaire et de sens des responsabilités ».

 

Le maintien en zone d’attente, les tentatives de refoulement et la persistance des placements en ZA dans le contexte actuel sont d’autant plus incompréhensibles qu’en ce qui concerne les centres de rétention administrative, aussi bien de nombreuses préfectures que de juridictions ont fait le choix de libérer les personnes pour éviter la propagation du virus et limitent grandement les placements.

 

Si l’argument de la fermeture des frontières pourrait être mis en avant pour justifier les refoulements « à chaud » ou les placements en zone d’attente, cet argument ne saurait tenir face aux impératifs mondiaux de limiter la propagation du virus à la fois sur le territoire national mais aussi au niveau mondial. De telles pratiques de l’administration sont donc irresponsables et ralentiront à coup sûr l’endiguement de l’épidémie au niveau mondial.

 

Ainsi, la privation de liberté des personnes étrangères dans les zones d’attente porte gravement atteinte au principe de précaution, à l’impératif de santé publique et à l’interdiction de la détention arbitraire.

 

C’est dans ce contexte que l’Anafé vous demande de :

 

  • Procéder à la libération immédiate de toutes les personnes maintenues,
  • Suspendre tous les refoulements (immédiats ou après placement) en raison du risque sanitaire de propager le virus dans d’autres pays,
  • Suspendre les placements en zones d’attente,
  • Assurer la prise en charge sanitaire des personnes qui se présenteraient aux frontières avec des symptômes.
  •  

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de la Justice, Messieurs les Ministres de l’intérieur, de l’Europe et des affaires étrangères, de la solidarité et de la santé, l’expression de mes salutations distinguées.

 

Alexandre Moreau

Président de l’Anafé

Le 20 mars 2020

 

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DANGER DE MORT DANS LES CRA. Comment pouvons-nous nous joindre à cette campagne?

Publié le 18 Mars 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne

DANGER DE MORT DANS LES CRA. Comment pouvons-nous nous joindre à cette campagne?

DANGER DE MORT DANS LES CRA

Alors que le gouvernement a décrété des mesures strictes de confinement pour lutter contre l’épidémie de COVID-19, les sans-papiers retenus dans les centres de rétention administrative (CRA) sont en danger de mort : la concentration, l’absence d’hygiène et de soins médicaux rendent très probable la constitution de foyers infectieux dans tous les camps d’internement.

Alors que la rétention est censée ne pas être punitive et constituer uniquement un prélude à la déportation, la plupart des préfets maintiennent les sans-papiers dans des conditions quasi-carcérales et potentiellement létales en dépit des observations de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberte (CGLPL) et des associations.

En conséquence, SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS et LE PARIA appellent à la fermeture des centres de rétention, provisoire dans un premier temps puis définitive. Tous les sans-papiers doivent être libérés immédiatement et pris en charge médicalement pour ceux qui présentent des symptômes d’infection.

SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS et LE PARIA déposeront des plaintes pénales contre le ministre de l’intérieur ainsi que contre le préfet et le procureur concernés pour chaque cas d’infection dans un CRA. Les infractions susceptibles d’être caractérisées sont la mise en danger de la vie d’autrui et l’homicide involontaire, voire l’homicide volontaire en cas de volonté délibérée d’exposer les personnes à un risque létal.

 
DES PAPIERS POUR TOUS ET TOUTES
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION
LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION

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Suspension des audiences CNDA. Y a-t-il une action possible avec ce nouveau report après toute cette attente?

Publié le 15 Mars 2020 par lieb dans CNDA

Suspension des audiences CNDA. Y a-t-il une action possible avec ce nouveau report après toute cette attente?

Un demandeur est arrivé en février 2017 dans l'Yonne. Il attend depuis plus d'une année son audience. Y a-t-il une action possible avec ce nouveau report après ces années d'attente?

Mesdames, Messieurs,

Chers Maîtres,


A la suite de l'intervention du Premier Ministre hier soir, j'ai décidé de suspendre l'ensemble des audiences de la CNDA dès lundi 16 mars, à titre conservatoire et jusqu'à nouvel ordre, dans l'attente des consignes qui seront prises par les pouvoirs publics dans la journée.
La protection de la santé de tous est en effet la priorité qui s'impose dans le contexte actuel de crise sanitaire.


Des informations complémentaires vous seront envoyées en ce qui concerne l'organisation de la Cour dans l'hypothèse d'une continuité de service.


Je vous remercie de votre attention,


Dominique Kimmerlin

Lu sur le Facebook de Timothy Perkins

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Fermez les CRA "Le code qui régit ce système stipule que la rétention doit se limiter au temps strictement nécessaire pour éloigner les sans-papiers en situation irrégulière sur notre territoire."

Publié le 14 Mars 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne

Fermez les CRA "Le code qui régit ce système stipule que la rétention doit se limiter au temps strictement nécessaire pour éloigner les sans-papiers en situation irrégulière sur notre territoire."

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président,

Nous affrontons solidairement un risque pandémique avec les toutes les mobilisations, logistiques, scientifiques, économiques, envisageables de la part d’un grand pays.
La population s'applique à respecter les préconisations arbitrant les déplacements et les confinements. Les rassemblements sont reportés sine die dans toutes les activités jusqu’aux écoles.

Monsieur le président, la France, depuis des décennies, a mis en place un système de rétention administrative pour les personnes étrangères en situation irrégulière.
Le code qui régit ce système stipule que la rétention doit se limiter au temps strictement nécessaire pour éloigner les sans-papiers en situation irrégulière sur notre territoire.

Or, aujourd'hui, avec la pandémie en cours, de communiqués en communiqués, nous observons que de plus en plus pays adoptent des mesures de protection. Les frontières se ferment et il n'existe donc plus cette perspective de renvoi. Nous comprenons que chaque pays cherche aujourd'hui à se protéger de ce virus dont les conséquences tant humaines qu'économiques s'avèrent catastrophiques.

La rétention ne se justifie plus, Monsieur le Président.

La planète souffre de tant de maux que de rajouter ceux de l'humiliation et de la privation de liberté de citoyens du monde ne peuvent plus se comprendre.
Il faut dès à présent mettre un terme aux arrestations de sans-papiers qui sans perspective de renvoi, engorgeraient inutilement les centres de rétention et mettraient en danger tant les personnes enfermées que le personnel des centres.
Vous devez, Monsieur le Président mettre un terme à l’application aveugle du dispositif régional du règlement Dublin. L'Italie, la Tchéquie, l'Espagne, le Danemark, la Pologne.... ont signalé ou ont émis leur intention de refuser tout transfert venant de notre pays et cela à court et moyen terme.
Monsieur le Président, les personnes placées en centres de rétention ne sont ni des voyous, ni de monstrueux criminels, ce ne sont que des humains dont le seul tort est d'être en défaut des papiers administratifs nécessaires à leur droit au séjour ce qui n'est pas un délit.
La grandeur de notre pays a toujours été dans les moments difficiles d'être solidaire envers les plus humbles et les plus démunis.

Fermez les centres de rétention, Monsieur le Président !

Libérez ces femmes et ces hommes avant que la justice ne le fasse par le simple constat que les perspectives d'éloignement deviennent nulles.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en nos respectueuses salutations

Premiers signataires :

Le Cercle des Voisins du Centre du Rétention de Cornebarrieu
Réseau Soutien Migrants de l'Yonne
Collectif réfugiés du Vaucluse

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Nous appelons, comme Jean Ziegler, à une "insurrection des consciences". Fort rassemblement ce matin à Sens (89) pour dénoncer l'horreur de ce qui se passe à la frontière grecque de l'Europe.

Publié le 14 Mars 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne

Nous appelons, comme Jean Ziegler, à une "insurrection des consciences". Fort rassemblement ce matin à Sens (89) pour dénoncer l'horreur de ce qui se passe à la frontière grecque de l'Europe.

Aujourd'hui, à Sens, environ 70 personnes se sont rassemblées pour dénoncer la politique de violence de l'UE contre les refugié.es, demander l'ouverture des frontières et le respect des droits des personnes, et notamment du droit d'asile.


C'était un fort moment de solidarité.


Nous appelons, comme Jean Ziegler, à une "insurrection des consciences" pour dénoncer haut et fort les crimes contre l'humanité actuellement commis aux portes de l'Europe et en son sein.

"Il suffit que nous nous réveillions, que nous nous levions et que nous imposions à nos gouvernements un changement radical de la politique envers les réfugiés, une politique d’accueil au lieu d’une politique de refoulement et de terreur. Et nous pouvons obtenir une insurrection des consciences. Le pouvoir de la honte, nous, citoyens et citoyennes, le détenons."

Nous pouvons nous mobiliser pour renverser le rapport de force, il y a une multitude d’armes que les Constitutions nous cèdent : la manifestation, la grève, l’intervention parlementaire, politique, sociale… Il n’y a aucune impuissance en démocratie. "Il suffit de ramasser ces armes, d’organiser le combat, la résistance, de détruire le mensonge de la Commission qui veut faire croire que les réfugiés sont un danger pour le mode de vie européen. "

Jean Ziegler.

Nous appelons, comme Jean Ziegler, à une "insurrection des consciences". Fort rassemblement ce matin à Sens (89) pour dénoncer l'horreur de ce qui se passe à la frontière grecque de l'Europe.
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Plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

Publié le 7 Mars 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne

Environ 200 migrants sont éparpillés dans ce campement situé à plusieurs kilomètres de la frontière turco-grecque. Crédit : Medhi Chebil pour InfoMigrants

Environ 200 migrants sont éparpillés dans ce campement situé à plusieurs kilomètres de la frontière turco-grecque. Crédit : Medhi Chebil pour InfoMigrants

Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

 

Ces derniers jours, les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « approche _hotspot_ », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

Pour empêcher l’arrivée d’un plus grand nombre d’exilé·e·s – principalement Syrien⋅ne·s – fuyant la guerre et maintenant les menaces turques, les agents grecs ont déployé un niveau de violence inédit, rejoints par une partie de la population. En mer, les garde-côtes coupent la route aux bateaux des migrant·e·s et réfugié·e·s, tirant en l’air et blessant certain·e·s passager·e·s.[1] Un enfant s’est noyé durant la traversée[2]. Sur terre, les refoulements à la rivière Evros ont continué. Une vidéo - qualifiée de « fake news » par les autorités grecques[3] mais vérifiée par Forensic Architecture - montre un réfugié syrien tué par balle alors qu’il tentait de traverser la rivière.[4] Par ailleurs, les militant⋅e·s, agissant en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées sont criminalisé⋅e·s et attaqué⋅e·s par des groupes d’extrême droite.[5] Des violations graves sont en cours et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied.

Cette violence vise à envoyer un message simple aux migrant·e·s et réfugié·e·s potentiel·le·s, celui que le ministère des Affaires Étrangères a exprimé via Twitter : « Personne ne peut traverser les frontières grecques ».[6] Cette politique grecque de fermeture des frontières[7] est soutenue par l’UE. Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour «protéger les frontières de l’Europe »[8]. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de « bouclier européen » - suggérant ainsi que les personnes migrantes et réfugiées constituent une menace physique pour l’Europe.[9] Enfin, l’agence européenne Frontex va déployer une intervention rapide dans la zone.[10] La Grèce et l’UE sont ainsi prêtes à recourir à tous les moyens pour tenter de dissuader les migrant·e·s et réfugié·e·s et empêcher la répétition des arrivées en grand nombre de 2015 – et la crise politique qu’elles ont générée à travers l’Europe.

Nous condamnons fermement l’instrumentalisation des migrant·e·s et réfugié·e·s par la Turquie et par l’UE. Aucun objectif politique ne peut justifier de telles exactions. Il est révoltant que des personnes fuyant la violence se trouvent exposées à de nouvelles violences commises par les États européens dont le cynisme et l’hypocrisie culminent. Nos organisations s’engagent à joindre leurs efforts pour forcer les États à rendre compte de leurs crimes. Nous documenterons ainsi les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et déposerons plainte contre ceux qui en sont responsables. Nous soutenons également celles et ceux qui sont de plus en plus criminalisé·e·s pour leur solidarité.

Nos efforts visent à utiliser tous les outils d’investigation et du droit pour faire cesser la violence d’État, en finir avec la multiplication et la banalisation des pratiques de refoulement en Grèce, et ailleurs aux frontières de l’Europe. Les migrant·e·s et réfugié·e·s ne sont pas une menace face à laquelle l’Europe doit ériger un bouclier, mais sont eux même menacés par la violence des États tout au long de leurs trajectoires précaires. Nous utiliserons les outils du droit pour tenter de les protéger contre cette brutalité.

Image fixe tirée d’une enquête vidéo en cours menée par Forensic Architecture montrant un panorama créé à partir d’images filmées par des témoins de la mort par balle de Muhammed al-Arab, tué en tentant de traverser la rivière de l’Evros/Meriç. Forensic Architecture, 2020. Vidéo: https://vimeo.com/395567226 [1]

Premières organisations s’étant jointes à la coalition:

* Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
* Avocats Européens Démocrates
* Borderline Europe Human Rights without Borders
* Forensic Architecture and Forensic Oceanography
* Forschungsgesellschaft Flucht und Migration
* Global Legal Action Network
* HIAS Greece
* HumanRights360
* Legal Team Italia
* Medico international
* Migreurop
* PRO ASYL
* Progressive Lawyers Association
* Refugee Support Aegean
* Sea-Watch

* WatchTheMed Alarm Phone

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Exemplaire - Les avocats manifestent en chantant le chant des Gilets jaunes. Merci aussi à eux qui ne rompent leur mouvement que pour être présents aux audiences des plus modestes, comme celles si longtemps attendues des demandeurs d'asile devant la CNDA.

Publié le 12 Février 2020 par lieb dans Dépasser les limites de l'Yonne, CNDA

Exemplaire - Les avocats manifestent en chantant le chant des Gilets jaunes. Merci aussi à eux qui ne rompent leur mouvement que pour être présents aux audiences des plus modestes, comme celles si longtemps attendues des demandeurs d'asile devant la CNDA.

Dans l'Yonne, de nombreux avocats font grève mais nous savons qu'ils ont tenu durant tout ce temps à assurer les audiences devant la CNDA et nous les en remercions.

(Voir sur le facebook de Timothy Perkins ou de Là-bas si j'y suis)

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Personne ne peut m'aider ... Je suis fatigué. L'interminable attente des demandeurs d'asile et l'isolement encore plus grand depuis leur transfert. (2)

Publié le 21 Décembre 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, CNDA, Chronique en 89, nous informons

https://cheese.konbini.com/photos/attente-interminable-perte-identite-portraits-demandeurs-dasile-royaume-uni/

https://cheese.konbini.com/photos/attente-interminable-perte-identite-portraits-demandeurs-dasile-royaume-uni/

Nous avions alerté à plusieurs reprises sur le danger que représente le transfert des demandeurs d'asile encore en procédure après le démantèlement du CAO d'Auxerre.

Les messages échangés hier soir renforcent encore nos craintes. "personne ne peut m'aider", "Je suis fatigué ..."

Certes, nous restons auprès d'eux autant que nous le pouvons mais le transfert a rendu encore plus complexe l'accompagnement. Et leur isolement est réel et dangereux.

Rappelons qu'un des demandeurs est arrivé dans l'Yonne en février 2017 et que les demandeurs devant la CNDA attendent maintenant depuis plus d'un an leur audience sans aucune nouvelle de leur demande et sans savoir quand cela finira enfin.

Demandeurs d'asile en 89

L'illustration de cet article provient d'un travail intitulé "attente interminable et perte d'identité".

"Dans une série photo émouvante, le photographe anglais Sam Ivin se questionne sur ce que signifie être un demandeur d’asile en Grande-Bretagne."

https://cheese.konbini.com/photos/attente-interminable-perte-identite-portraits-demandeurs-dasile-royaume-uni/

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Personne ne peut m'aider ... Je suis fatigué. L'interminable attente des demandeurs d'asile et l'isolement encore plus intense depuis leur transfert.

Publié le 21 Décembre 2019 par lieb dans CNDA, CAO Coallia Auxerre, Chronique en 89, Nous les soutenons, nous informons

Personne ne peut m'aider ... Je suis fatigué. L'interminable attente des demandeurs d'asile et l'isolement encore plus intense depuis leur transfert.

Nous avions alerté à plusieurs reprises sur le danger que représente le transfert des demandeurs d'asile encore en procédure après le démantèlement du CAO d'Auxerre.

Les messages échangés hier soir renforcent encore nos craintes. "personne ne peut m'aider", "Je suis fatigué ..."

Certes, nous restons auprès d'eux autant que nous le pouvons mais le transfert a rendu encore plus complexe l'accompagnement. Et leur isolement est réel et dangereux.

Rappelons qu'un des demandeurs est arrivé dans l'Yonne en février 2017 et que les demandeurs devant la CNDA attendent maintenant depuis plus d'un an leur audience sans aucune nouvelle de leur demande et sans savoir quand cela finira enfin.

Demandeurs d'asile en 89

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Me Aïcha Douroumi-Le Strat est décédée. Aïcha était incroyable. Cela va être compliqué de remplacer une telle humanité.

Publié le 8 Décembre 2019 par lieb dans CAO Coallia Auxerre, nous informons, CNDA, Dépasser les limites de l'Yonne, Chronique en 89

Me Aïcha Douroumi-Le Strat est décédée. Aïcha était incroyable.  Cela va être compliqué de remplacer une telle humanité.

Notre hommage pour le CAO d'Auxerre.

Qui parmi ceux qui se battent aux côtés des demandeurs d'asile ne l'a pas contactée de toute la France en urgence, dans l'inquiétude, parfois le désarroi. Au CAO d'Auxerre, elle a toujours répondu présente aux appels pour les demandeurs devant la CNDA, même si la maladie était bien et totalement là depuis longtemps, et nous savions, ultime témoignage de ce qu'elle était, qu'elle s'assurerait dans tous les cas de la continuité de la défense selon ses valeurs et ses principes.

"Aïcha était incroyable.  Ça va être compliqué de remplacer cette humanité. Elle m'a beaucoup conseillé et surtout a tellement aidé des migrants avec son intelligence, une écoute profonde et sa patience." Perkins

 

 

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