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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89.

La barque. Michèle Toutain.

Publié le 27 Mai 2017 par lieb dans Nous les soutenons

La barque. Michèle Toutain.

Elle aurait dû rejoindre les expos de la très belle soirée avec le Gisti. Elle était restée au port. La voici qui nous rejoint sur le blog.

La barque - Michèle Toutain

La barque - Michèle Toutain

Elle est inachevée. Un projet où des dizaines de personnages auraient dû monter à bord.

La barque - Michèle Toutain

La barque - Michèle Toutain

Aujourd'hui peut-être le symbole de toutes ces vies perdues en mer.

La barque - Michèle Toutain

La barque - Michèle Toutain

Et ces demandeurs, que peuvent-ils attendre ... ?

La barque. Michèle Toutain.

Entre les terribles écueils de Dublin et des OQTF.

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Un compte-rendu de la rencontre organisée le 13 mai 2017 avec JF Martini du Gisti

Publié le 27 Mai 2017 par lieb

Conférence débat du 13 mai 2016 avec Jean-François Martini du Gisti



Le Gisti a été fondé dans les années 70 : Groupe d'information et de soutien aux immigré.e.s. Le T était là pour signifier travailleurs. A l'époque un immigré ne pouvait être qu'un travailleur. Le Gisti comprend 10 salariés, quelque 200 membres. Il est basé à Paris mais a des correspondants locaux. Il promeut l'égalité des droits, la liberté de circulation et d'installation. Le Gisti fait beaucoup de formation au droit des étrangers. Il a un gros rôle juridique : attaque décision des préfets au contentieux, attaque devant le conseil d'État.



Une crise migratoire ?


2015 l'année qui compte le plus grand nombre de migrations forcées. Le HCR compte 65 millions de déplacés (réfugiés demandeurs d'asile, déplacés intérieurs) plus les apatrides. Ces migrations sont
essentiellement dues au conflit du proche et Moyen-Orient : l'Irak et la Syrie représentent 1/3 des réfugiés du monde. Rien que pour la Syrie, on compte 4 millions de réfugiés et 7 millions de déplacés intérieurs. Mais il n'y a pas eu d'afflux massif vers l'Europe. On compte approximativement 1.3 millions de réfugiés en Europe dont 1/3 en Allemagne. 25 % des réfugiés se situent en Afrique sub-saharienne. Seuls 15 % des réfugiés se sont tournés vers des pays dits riches. L'Europe accueille autant de réfugiés que le Pakistan à lui seul.

En France on compte 80 000 demandeurs d'asile en 2015. En 2016 ils étaient 85 000. À titre de comparaison, la Turquie en compte 3 millions (pour l'essentiel originaire de Syrie) et le Liban accueille 1 million de réfugiés soit le quart de sa population.



Une crise ?


Le mot crise sous-entend un afflux soudain imprévu. Mais avant il y avait déjà des millions de réfugiés dans les camps du HCR. Ceux-ci étaient saturé et n'avaient plus assez de fonds pour héberger et nourrir plus de réfugiés. Ces réfugiés ont plusieurs origines : récemment la Syrie et la corne de l'Afrique (Éthiopie Érythrée et Somalie), le Sahel et l'Afrique de l'Ouest (déstabilisé par le chaos libyen) et naturellement l'Afghanistan et l'Irak non stabilisés.


L'Europe, face à cette situation a mis en place Frontex, une agence européenne de gardes-frontières. C'est le fruit d'une collaboration entre états plus qu'une agence européenne. Dès 2012 le HCR prévenait l'Europe qu'un nombre croissant d'hommes et de femmes suite aux crises et aux guerres allaient s'exiler. Le HCR lui demandait d'assurer accueil et asile. Jusque-là le HCR accueillait ces personnes dans des camps au Liban et en Turquie. Mais l'Europe n'a rien fait de plus, ni augmentation de moyens, ni accueil de personnes.


Pourtant, on aurait pu s'y préparer dès 2011, suite au printemps arabe et à l'intervention en Libye, il y a déjà eu un premier gros afflux migratoire. La réponse de l'union européenne fut le déploiement de Frontex. Les leçons n'ont pas été tirées. On a simplement renforcé les contrôles aux frontières. Et en passant, Macron ne propose rien d'autre, que d'augmenter Frontex de 5000 agents.
L'Europe a également mis en place des hotspots en Grèce et en Italie. Ce sont des camps de tri. On trie a priori les réfugiés. L'Europe a également sous-traité contre finance l'accueil des réfugiés,
en Turquie par exemple. L'accord signé avec la Turquie permet la réadmission sur son territoire de toute personne arrivée sur les îles grecques. En échange l'Europe a liberalisé la délivrance de visas
Schengen, a accordé 6 milliards de dollars à la Turquie et a réouvert le processus d'adhésion de la Turquie à l'union européenne. À titre symbolique, peut-on dire, la Turquie a obtenu l'envoi de 72 000 syriens en union européenne sur 2 ans. La convention de Genève qui définit le statut de réfugié et les
obligations des états n'est applicable qu'aux pays de l'Europe. À l'origine elle ne s'appliquait qu'aux déplacés européens suite à la 2e guerre mondiale et à la guerre froide. En 2014 cette convention s'étend à la Turquie. Celle-ci est censée accordée une protection temporaire aux personnes réfugiées (protection qui va avec l'interdiction de travailler). Néanmoins seuls 10 % des réfugiés sont hébergés dans des camps officiels. 60 % des enfants ne sont pas scolarisés. Les réfugiés originaires d'Irak de Somalie et d'Éthiopie sont renvoyés dans leur pays. Et pour conclure, la Turquie est en train de construire un mur à sa frontière syrienne pour stopper l'afflux de personnes.



Alors que la plupart de ces personnes sont éligibles au statut de réfugié, elles n'ont aucun moyen légal d'entrer en Europe pour faire reconnaître ce statut. En 2015, il y a eu 4000 morts en Méditerranée pour l'essentiel. En 2016 selon les données officielles il y eut 5000 morts et en 2017 à la fin avril on n'en était à 1000 décès dont 150 enfants. Cela montre qu'il n'y a pas une crise migratoire mais une crise de l'asile.



Le règlement de Dublin


Sa première version a vu le jour en 1990. 32 états européens en sont signataires plus la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein et l'Islande. Au départ ce mécanisme devait empêcher une personne de faire plusieurs demandes d'asile. Elle devait également éviter que les pays se renvoient indéfiniment les
demandeurs d'asile (réfugié en orbite). On peut voir le film de Spielberg "le terminal" qui illustre cette problématique. Les effets pervers de ce règlement sont de plusieurs ordres. D'abord il exerce une pression considérable sur les pays côtiers : l'Italie, l'Espagne, la Grèce. Ensuite il empêche les demandeurs d'asile de rejoindre le pays de leur choix, choix qui peut être fait en fonction de liens affectifs de la famille des amis de la langue etc. Le règlement de Dublin admet les liens familiaux, comme critère pour rejoindre un pays de l'union européenne, mais ses liens familiaux étroits : conjoints concubins et enfants mineurs.


Par ailleurs les conditions d'accueil sont très différentes d'un pays à l'autre et le taux d'acceptation varie également d'un pays à l'autre. En Grèce il est inférieur à 1 %. En France, il est d'environ 33 %. Dans d'autres pays une demande sur 2 est acceptée.


Le règlement de Dublin alourdit et allonge les procédures. En effet, un réfugié devra attendre jusqu'à 6 mois avant de faire sa demande d'asile : c'est le temps nécessaire à l'acceptation ou refus de la demande de transfert. Par exemple la France enregistre la présence d'un réfugié, elle vérifie qu'il n'a pas été enregistré dans un autre pays européen, si c'est le cas elle va demander à ce pays de reprendre ce réfugié et d'instruire sa demande d'asile. Cette procédure peut prendre jusqu'à 6
mois. Si le réfugié s'est soustrait au règlement de Dublin c'est-à-dire par exemple, il ne s'est pas présenté à une convocation de police, ce délai peut être allongé jusqu'à 18 mois.

Ce règlement qui en est à sa 3e version est un grand symbole d'injustice. Il est responsable de graves violations des droits de l'homme selon l'assemblée parlementaire de l'union européenne. En 2015
la France a fait 11 000 demandes de réadmission, 525 transferts vers des pays tiers ont été acceptés. En 2016 25 000 demandes pour 1296 transferts acceptés (522 vers l'Allemagne le reste, Italie et le
Royaume-Uni pour des mineurs étrangers cherchant à rejoindre de la famille). Dublin a été pensé pour des arrivées en faible nombre de réfugiés. La situation en Grèce le montre. La seule réponse de l'union européenne a été en mai 2015 la création de hotspots et la mise en place la procédure de relocalisation pour soulager la Grèce l'Italie et la Hongrie. Les hotspots sont des camps qui servent à trier les migrants : ceux qui a priori sont des réfugiés et qui seront admis dans des pays européens et
les autres qui seront expulsés. Le tri est effectué par Frontex et le bureau européen d'asile. Seuls 23 pays ont accepté des relocalisations pour un total de 160 000 personnes sur 2 ans soit 1/4 des migrants en Grèce. La Hongrie n'a pas accepté l'implantation de hotspots chez elle et a ouvert ses frontières vers l'Allemagne et l'Autriche. Depuis elle a commencé l'érection d'un mur de barbelés le long de sa frontière sud. La Grèce et l'Italie ont accepté l'implantation de hotspots. En avril 2017
on comptait 16 000 demandes de relocalisation, 5000 depuis l'Italie, 11 000 depuis la Grèce. Mais certains pays traînent des pieds et ne veulent plus finalement accepter des personnes relocalisés comme la Pologne par exemple. La France a accepté 31 000 relocalisations sur 2 ans. Pour mémoire, en 2015 la France a traité 80 000 demandes d'asile, en 2016 85 000, et on projette pour 2017 100 000 demandes d'asile.
L'Allemagne à l'été 2015, a suspendu l'application du règlement de Dublin et a accepté de traiter toutes les demandes d'asile : elle a fait jouer la clause de souveraineté. Ceci montre qu'un État peut faire quelque chose s'il le souhaite.


La Cimade a publié un document sur Dublin 3 et les opportunités de recours pour chaque motif de renvoi. La version 4 de Dublin est en cours de renégociation : les mécanismes de répartition entre pays, le délai des procédures plus court et plus expéditif. Mais cette nouvelle version ne changera rien au problème de fond qui est d'abord d'arriver de manière légale en Europe. Durant la campagne électorale on a entendu parler de couloirs humanitaires ou d'un système de visa humanitaire.
En outre le nombre de places d'hébergement en France est insuffisant. En novembre 2015, les CAO sont créés pour permettre d'accueillir les calaisiens et plus tard les évacués des camps de Paris. Ces centres (CAO pour centre d'accueil et d'orientation) devaient permettre de sortir les migrants de la rue et de réfléchir à leur projet migratoire. On compte 310 CAO répartis sur 85 départements pour un total de 10 000 migrants. Du coup ses centres ont surtout permis la dissémination et le camouflage
de ces migrants. Ils n'ont pas de statut juridique clair. En tant que centre d'hébergement d'urgence il devrait être soumis au code de l'action sociale et des familles, ce qui impliquerait un accompagnement personnalisé des migrants. En juillet 2016 une charte de fonctionnement a été établi. Mais la situation est très disparate les personnels ne sont pas forcément formés. il me manque un bout là) 2000 disparitions, 2000 migrants redirigés vers les cas d'un centre d'accueil des
demandeurs d'asile et les autres ?


Les migrants ont souvent un déficit d'information, pas de transmission de dossier, difficultés liées à l'isolement des centres urbains de soins et administratifs et les associations des difficultés d'accès au CAO. En octobre 2015 lorsque les camps de Calais sont démantelés le ministre Cazeneuve promet qu'il n'y aura aucun renvoi Dublin pour les migrants qui accepteraient d'aller en CAO. Cette promesse ne sera mise en œuvre qu'à la fin 2016 date à laquelle une circulaire met fin au transfert Dublin pour les calaisiens. Dans l'Yonne, cette circulaire ne sera appliquée qu'en avril 2017.



Une vague de solidarité ?On a vu un sursaut citoyen en France comme en Allemagne. En août 2015 celle-ci ouvre ses frontières et les premiers quarts de migrants sont accueillis par des manifestations chaleureuses dans les villes et villages allemands. Mais l'Allemagne manque de soutien de la part des autres pays européens. En France de nombreux collectifs et de nombreuses associations se sont mises en place pour aider les migrants en leur dispensant information, cours, et soutien logistique.
Voir le site sursaut-citoyen.org, nous ne sommes pas seuls. Mais la solidaire solidarité caritative ne suffit pas, la guérilla juridique (menée par le Gisti) est insuffisante. La plainte déposée il y a 3 ans
contre l'État pour non-assistance à personne en danger court toujours. Elle concerne les bateaux naufragés dérivants en Méditerranée repérés par des bateaux militaires de bâtiments et d'hélicoptères militaires mais non secourus.


Le Gisti pense que le politique doit prendre le relais pour un combat pour la liberté de circulation et d'installation. L'emmurement est illusoire alors que dans le même temps on assiste à une mondialisation des flux de capitaux et de marchandises. Tous les exemples de murs montrent leur inefficacité : le mur de Berlin, les barbelés entre le Mexique et les États-Unis, la barrière de 4 m entre les enclaves espagnoles et le Maroc, et Calais (la sécurisation du port n'empêche pas les migrants de passer ou de tenter de passer) tous ces exemples montrent que cela ne fonctionne pas cela ne fait que rendre plus long et plus périlleux les trajets.



http://www.themigrantsfiles.com/

The migrants files, un consortium de journalistes européens a calculé que depuis 2014 l'Europe avait dépensé 13 milliards d'euros pour surveiller ses frontières et déportés les migrants qui avaient réussi à passer. C'est également le montant dépensé par les migrants pour quitter leur foyer et tenter de passer en Europe. Imaginons ce que l'on pourrait faire avec tout cet argent. La liberté de circulation existe pour nous : un Danois peut entrer librement dans 174 pays, selon leur pays d'origine des Africains ne peuvent circuler librement que dans 5 à 6 pays.



Question : y a-t-il eu des études sur la libre circulation ?


Réponse : les études se focalisent essentiellement sur l'impact économique. Elle démontre que son impact est positif pour les pays d'accueil ainsi que pour les pays d'origine. En effet, le transfert financier (argent envoyé par les migrants au pays) est supérieur à l'aide au développement. Voir article du 11 mai 2017 dans le monde Réfugiés : face au déni, des chercheurs démontent les fausses évidences.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2017/05/11/refugies-demonter-les-fausses-evidences_5125887_3260.html



Question : les OQTF, obligation de quitter le territoire français.


Réponse : elles sont le résultat des refus d'asile, 70 % des demandes d'asile sont refusées, elles entraînent des obligations de quitter le territoire (l'arme répressive juridique de l'État). Le préfet peut assortir les OQTF d'une interdiction de retour de plusieurs années sur le territoire.

Intervention : pourquoi faut-il attendre des drames pour que l'Europe réagisse ? Attaque chimique, noyade du petit garçon en méditerranéen, bombardements de MSF en Afghanistan, largage de la mère de toutes les bombes en Afghanistan, etc.



Intervention : en Afrique il y a peu d'État de droit et beaucoup de dictatures c'est compliqué pour les citoyens africains.


Intervention : une personne pointe du doigt la situation des réfugiés du CAO de Jaulges : il n'y a pas de travailleur social il n'y a pas d'information et les bénévoles ont beaucoup de mal à rentrer dans le
centre pour aider les réfugiés.

 
Réponse : beaucoup de CAO sont des zones de relégation, des centres de prise en charge bas de gamme. Leur dispersion a pour but d'éparpiller d'éviter la concentration, la visibilité, l'organisation de la solidarité et le soutien juridique. Dans la jungle de Calais, il y avait des consultations juridiques avec des avocats pour aider les migrants.



Question : que faire contre Dublin ?

 
Réponse : le dispositif est de plus en plus efficace en termes de cadenassage juridique. Il est de plus en plus difficile d'aller au contentieux, et de plus en plus difficile de les gagner. Il faut passer au stade politique, la guérilla juridique est perdue.


Question : Quels sont les recours contre les OQTF ? Réponse : ils sont peu nombreux, l'intervenant renvoie sur le document de la Cimade.


http://www.gisti.org/doc/publications/2007/oqtf/index.html

Témoignage : dans le CAO d'Auxerre, les travailleurs sociaux pour l'appelle tous les matins. Il vérifie la présence des réfugiés dans les lits sous les couettes.


Question : qui sont les décideurs ? Cette question émane d'une personne qui donne des cours de français langue étrangère à 26 élèves alors qu'elle ne devrait en recevoir que 8.


Réponse : c'est le service des étrangers de la préfecture et le préfet. Il a un pouvoir discrétionnaire dans les années 90 mais sa marge de manœuvre est de plus en plus étroite. Avant on pouvait lui demander faire un recours gracieux mais les consignes sont pour une application de plus en plus stricte de la loi. Le Gisti constate une augmentation du contentieux juste pour faire appliquer la loi. En effet il constate un excès de zèle et des décisions qui vont au-delà de la loi. D'un point de vue juridique le préfet n'est jamais obligé de refuser un titre de séjour sauf décision de justice ou polygamie. Les préfectures lâches du lest quand il y a pression populaire et militante. Exemple de RSF en 2004 et des mouvements des sans-papiers (grève de la faim, manifs). Il faut reconstituer le rapport de force il faut multiplier les actions.



Question : les CAO, comment s'informer ?
Réponse : les CAO sont bâtis sur du non-droit. Il existe une liste de discussion nationale sur les CAO (voir avec l'intervenant pour plus d'informations).

Intervention des organisateurs : remerciements à tous, public nombreux et merci à Monsieur Martini du Gisti.

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Militants, demandeurs d'asile unis devant la préfecture d'Auxerre ce 19 mai. Souhaitons que nos voix aient été entendues.

Publié le 20 Mai 2017 par lieb dans Nous les soutenons

Il est dis-sept heures. Devant la préfecture. Il ne pleut pas. Beaucoup sont venus du Nord du département, 60 km quand même pour être présents. Il y a  des amis de toutes les sensibilités qui au fil des différentes initiatives et en particulier la dernière avec le Gisti, ont senti la nécessité de bouger. Parmi nous aussi, des amis de tout le département. C'est émouvant.

Auxerre en effet était incontournable s'agissant des décisions de la préfecture, obligations de quitter le territoire ou application de Dublin.

Le collectif de soutien aux migrants et réfugiés de Sens donne le départ de la manifestation. Après les prises de paroles des organisations, des moments essentiels :

 

La remise de la pétition : les organisations sont reçues par la préfecture. La pétition regroupant plus de 700 signatures - autant de voix pour l'asile - lui est remise.

http://demandeursdasileen89.over-blog.com/2017/04/petition-nous-demandons-au-prefet-de-l-yonne-de-permettre-a-tous-les-demandeurs-d-asile-heberges-dans-notre-departement-de-voir-leur

http://demandeursdasileen89.over-blog.com/2017/05/commentaires-pour-notre-petition-je-signe-et-si-je-pouvais-mille-fois-je-signerais-dublin-abolition.html

La prise de parole des migrants de Jaulges, très conscients, très précis. ils viennent souvent de La Chapelle et savent ce qui est derrière leur situation actuelle.

Jaulges

Jaulges

L'une des pires tant sur le principe que dans la réalité. Ces demandeurs d'asile sont au sens propre dans un camp militaire. Pour être allés les chercher, nous pouvons témoigner de l'isolement géographique absolu de ce camp qui porte réellement bien son nom. Cela n'a rien d'un CAO et tout d'un lieu de relégation. Nous apprendrons plus tard lors de la manifestation, les conditions d'isolement, d'infantilisation qu'ils vivent.

 

Un autre moment fort : des demandeurs d'asile d'Auxerre s'alignent, une pancarte qu'ils ont confectionnée devant eux. Chacun à leur tour ils lisent ce qu'ils

Militants, demandeurs d'asile unis devant la préfecture d'Auxerre ce 19 mai. Souhaitons que nos voix aient été entendues.

ont choisi d'écrire. "Où sont nos droits", "Je ne veux pas retourner dans mon pays. Je suis en danger". Ces demandeurs d'asile-là sont arrivés dans l'Yonne en juin/juillet. La plupart sont et restent Dublin car ils ne sont pas Calais. Beaucoup sont là depuis plus de 10 mois, nous savons qu'ils sont tout près de la fin de leur période Dublin. Nous savons aussi que le piège que l'Etat a mis en place (ils ne sauront la date de cette fin de Dublin que lorsque l'on leur remettra la notification de retour donc quand ils ne pourront plus rien faire) peut se refermer à tout moment sur eux.

 

Troisième temps : le départ en manifestation. Un ami lance d'une voix décidée le slogan "solidarité avec les migrants". Le ton est donné, la manifestation qui va de la préfecture à la mairie est lancée. Devant les migrants reprennent et lancent des slogans. Il y a là beaucoup de force, d'enthousiasme.

 

Derniers temps, devant la mairie d'Auxerre : en dessous des mots liberté, fraternité, égalité, les migrants grimpent l'escalier et du balcon nous entraînent dans  une suite endiablée de slogans. De notre côté le mégaphone crie : "Dublin, on n'en veut pas". A un moment, tentative de chanter ensemble Soudan, oh mon Soudan. A un autre moment, nous scandons régularisation de tous les sans papiers. Car  pouvoir faire sa demande, ne veut pas dire, il ne faut pas l'oublier avoir le droit d'asile. Et les innombrables OQTF en témoignent.

 

Cette manifestation est le résultat de mois de mobilisation sur Sens. Depuis plusieurs mois, le collectif de Sens développe une action pour défendre les droits des réfugiés et des migrants. En son sein, plusieurs sensibilités, mais une volonté forte d'agir et la volonté d'agir avec d'autres. Ainsi dans cette mini-ville, plusieurs actions ont été déjà mises en place qui ont abouti à cette manifestation du 19 mai fédérant quatre associations sur le département, La Cimade, La ligue des droits de l'Homme, RSM89. Et le succès est venu aussi d'initiatives concrètes, d'électrons-libres engagés auprès de migrants et qui ont su s'inscrire dans la manifestation. C'est l'une des leçons de cette manifestation. La capacité sur Sens de bouger ensemble et toujours plus.

 

Une délégation a été reçue par la préfecture. Qu'est-ce que le préfet aura retenu.

Depuis cinq semaines, un demandeur attend dans l'angoisse sa deuxième convocation, convocation fatale où le tout (pouvoir faire une demande dans le pays de son choix dans des conditions acceptables) est remplacé le rien (le retour dans pays de non asile ou la rue). Souhaitons que nos voix aient été entendues. et que cette situation prendra fin.

Car après la fin de Dublin pour les demandeurs de Calais, il faudrait bien obtenir que toutes les situations qui ont créées depuis des mois dans les CAO, où des demandeurs restent pendant des mois dans l'espoir et sont brutalement expulsés, que toutes ces situations s'arrêtent.

Une sorte de moratoire en sorte pour ceux qui dans l'Yonne subissent cette situation depuis presque un an.

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Manifestation le 19 mai à Auxerre devant la préfecture.

Publié le 17 Mai 2017 par lieb

Manifestation le 19 mai à Auxerre devant la préfecture.
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13 mai, plus de 80 personnes attentives et sensibles à la situation des réfugiés et des migrants.

Publié le 17 Mai 2017 par lieb

13 mai, plus de 80 personnes attentives et sensibles à la situation des réfugiés et des migrants.

Un regard sur cette soirée d'information et de solidarité.

 

Le collectif de Sens, depuis le rassemblement devant l'Yonne Républicaine, a une action publique constante pour informer sur la réalité des réfugiés et migrants.

 

La dernière initiative, la réunion avec le Gisti a rassemblé plus de 80 personnes, attentives et sensibles à leur situation. Ce qui est très important dans le contexte de combat que nous devons mener auprès des déboutés et des demandeurs relevant de Dublin, pour les accueillir, les accompagner et les protéger.

 

Le contexte général a été brossé par J.F. Martini et celui-ci a terminé par une affirmation forte : le Gisti milite pour la libre circulation des humains, c'est vrai un droit qui devrait être reconnu à tous mais dont sont privés l'immense majorité des êtres humains.

 

Les questions ont été nombreuses, les liens et des informations se sont échangés entre ceux qui sont mobilisés et qui veulent informer sur ce qui se passe dans les différents CAO de l'Yonne. Des témoignages de demandeurs ont marqué cette rencontre ainsi que le problème des OQTF (obligation de quitter le territoire) avec l'évocation du cortège de drames humains qu'elles entraînent.

 

Des documents  ont pu être exposés: dessins de demandeurs de Villeblevin, Paroles de demandeurs d'asile d'Auxerre, des photos d'un village du Darfour qui se termine en flammes, des portraits de demandeurs saisissants parce ce qu'ils font passer de ce que sont profondément ces demandeurs, des affiches sur les causes des migrations.

 

L'appel à participer à la manifestation ce vendredi à Auxerre a été lancé. Nous espérons qu'il sera suivi.

13 mai, plus de 80 personnes attentives et sensibles à la situation des réfugiés et des migrants.
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Ce que veulent les demandeurs d'asile ... Vivre. Si nous pouvions nous mobiliser fortement pour qu'ils vivent! Pour arrêter ces refoulements!

Publié le 15 Mai 2017 par lieb

Dessin d'une camarade de NDS Sens

Dessin d'une camarade de NDS Sens

Toujours ces conversations décousues du soir. Parler ou ne pas parler. Evoquer Dublin ou pas.

Au détour toujours de ces conversations silencieuses et latentes de ce moment qui va vers la nuit, cette phrase :

 

Ce que je veux

silence

C'est

silence

... vivre.

 

Si nous pouvions nous mobiliser fortement pour qu'ils vivent!

Pour empêcher leur refoulement.

 

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Manifestation le 19 mai à Auxerre contre les OQTF et Dublin dans l'Yonne

Publié le 14 Mai 2017 par lieb

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L'engrenage. Pour qu'ils ne revivent pas cela. Se mobiliser pour obtenir l'arrêt des mesures de retour dans le pays d'enregistrement

Publié le 11 Mai 2017 par lieb

La ChapelleLa Chapelle

La Chapelle

A chaque fois cela se reproduit. Quand la notification de retour est signifiée, les demandeurs d'asile concernés s'enfuient. Ils retournent dans la rue, souvent à Paris. (Des articles du blog expliquent pourquoi ce refus au prix du pire, que souvent nous ne comprenons pas et ne prenons pas suffisamment en compte).

Aussi, quand nous voyons les images de l'évacuation de la Chapelle, nous pensons à eux. Sont-ils parmi tous ces demandeurs "mis à l'abri", en fait évacués, triés et souvent éloignés. Que va-t-il leur arriver?

Aujourd'hui dans le département des dizaines de demandeurs sont concernés. Pour ceux que nous avons accueillis à Sens durant l'été et leurs amis, après plus de 10 mois de présence, un apprentissage acharné du français, quelquefois à quelques jours de la fin de "leur Dublin" comme ils disent, ils risquent cette mesure d'éloignement.

Pour qu'ils ne revivent pas cet engrenage. Pour que soit pris en compte leur volonté de demander l'asile en France, notre soutien est indispensable ... vital.

 

(Rappel : réunion avec le Gisti ce samedi 13 mai. Voir l'article sur le blog)

 

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Le jour d'après. E. Macron - asile - Dublin

Publié le 8 Mai 2017 par lieb dans nous informons

Le jour d'après. E. Macron - asile - Dublin

8 mai, jour où l'on commémore la fin du fascisme nazi et où l'on oublie trop les massacres en Algérie. 

8 mai, c'est le jour d'après, 10 millions de personnes ont donné leur voix au front national. 10 millions de personnes ... !

8 mai, plus de 200 demandeurs disparus en mer.

8 mai, c'est le jour d'après. E. Macron est élu. Que dit-il sur l'asile, sur Dublin? Que peuvent attendre les demandeurs d'asile, les réfugiés, les migrants?

Petite recherche sur le net :

 

En janvier, lors d'une visite à Berlin, E. Macron donne des éléments  (Le Parisien 10 janvier 2017) :

Il se dit également disposé à "rouvrir (le) sujet" du règlement européen dit de Dublin, qui laisse la prise en charge des demandeurs d'asile aux pays de première arrivée dans l'UE.
"Il faut les améliorer, car ils ont des effets pervers", a-t-il admis, en se disant "pour une réforme qui permette de traiter les demandes d'asile et dans les pays tiers, ce qui suppose d'avoir une vraie coordination européenne".

 

Les Inrocks notent

Sur la question des demandeurs d’asile, Emmanuel Macron se positionne en faveur d’une politique d’accueil plus souple. En visite à Berlin au début du mois de janvier, le candidat a salué la position d’Angela Merkel en Allemagne et a indiqué que c’était aussi un “devoir” pour la France. Il s’est dit prêt à “rouvrir (le sujet)” des accords de Dublin, qui laissent le soin aux pays de première arrivée dans l’Union européenne de prendre en charge les demandeurs d’asile.

 

En mars, il indique dans une interview à la Tribune de Genève (24 mars 2017):

 

L’Europe s’est montrée impuissante dans la gestion de la crise migratoire. Que feriez-vous si vous étiez élu?

J’ai rendu hommage à la chancelière qui a eu un discours responsable et digne en refusant l’amalgame entre migrants et réfugiés (ndb :sic.) Mais il est vrai que l’Italie a très tôt alerté sur le problème en Méditerranée et les limites du système de Dublin. Malheureusement l’Europe n’a pas anticipé la crise, après nous avons tardé à avoir une approche coordonnée et nous avons manqué de solidarité. Donc on a voulu répartir des migrants alors qu’ils étaient déjà arrivés, et puis on a négocié un accord avec la Turquie qui a fermé la route des Balkans mais rouvert celle de la Libye. La solution est déjà d’avoir une gestion des demandes d’asile avec les pays de départ et de transit, avec des frontières extérieures de l’Europe mieux protégées. C’est le seul moyen d’être efficace et humain. A ce moment il peut y avoir une répartition efficace entre les Etats membres.

 

C’est exactement ce qui n’a pas fonctionné: des pays comme la Hongrie ont refusé la répartition.

J’en ai assez de voir ce comportement qui s’est sourdement installé: c’est-à-dire de la défiance et le non-respect de nos principes par certains Etats membres. Dans les traités, il y a déjà des sanctions prévues quand on ne respecte pas les valeurs communes. On ne peut pas menacer des procédures de sanctions totalement légitimes sur les déficits publics et l’équilibre de nos budgets, et puis les ignorer quand des pays ne respectent pas des droits fondamentaux. Je ne veux pas que dans l’Union européenne il puisse y avoir un délitement de nos valeurs.

 

Dernières indications sur le site de L’intern@ute le 6 mai 2017 (les éléments soulignés le sont par le blog)

 

[Mis à jour le 6 mai 2017 à 17h13] Dans les paroles comme dans son programme, Emmanuel Macron n'a pas mis l'accent sur la thématique de l'immigration. Une seule mesure clé a été clairement énoncée : réduire les procédures de demande d'asile, avec délai de moins de 6 mois, recours compris. Le finaliste de cette présidentielle qui se joue ce 7 mai 2017 veut aussi conditionner l'aide au développement des pays d'origines au respect d'accords sur le retour des migrants non autorisés à entrer ou résider dans l'UE. Emmanuel Macron entend également revoir les accords de Dublin qui actent que le pays dans lequel a été formulée la demande d'asile doit se charger de son instruction et de la décision. Il veut enfin ajouter "5000 postes de policiers aux frontières extérieures".

 

Ces mesures qui devraient aller dans le sens d'une politique migratoire plus efficace, mais elles ne donnent a priori aucune indication sur le degré d'immigration qu'Emmanuel Macron souhaite pour la France, ces mesures étant favorables aussi bien pour les immigrés eux-mêmes, mais aussi pour l'Etat. Alors faut-il réduire l'immigration en France selon Emmanuel Macron ? La maintenir au niveau ou elle se trouve aujourd'hui ? Accueillir plus de migrants, réfugiés politiques, victimes des conflits en Syrie et au Moyen-Orient, oui immigrés dits "économiques" ? Sur ce point Emmanuel Macron s'est bien gardé d'avancer une position univoque.

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Commentaires pour notre pétition. "Je signe ! Et si je pouvais, mille fois je signerais !!! Dublin, abolition !"

Publié le 6 Mai 2017 par lieb dans Nous les soutenons

Ne laissons pas tomber ceux qui vivent l'horreur des politiques assassines d'ici et d'ailleurs, accueil et fraternité pour tous!

 

Le pays des droits de l'homme ne peut et ne doit pas se décharger sur les pays méditerranéens frontaliers qui sont eux, obligés d'accueillir ces réfugiés. C'est une absurdité sans nom. Humanité, où es-tu?

 

Je signe parce que je suis du côté du respect de la dignité humaine protégée par les droits de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

Pour la dignité. ..

 

Nous pouvons, dans notre pays riche, accueillir les migrants et leurs offrir le bonheur auquel ils ont droit tout comme nous.

 

Je signe parce que les renvois Dublin et les réadmissions Schengen ne sont pour la plupart que des arrangements administratifs qui le plus souvent ne respectent aucunement les droits de l'homme et en aucun cas la déclaration des droits de l' homme qui stipule le droit de libre circulation et installation de tout un chacun .
Que ces nouveaux traumatismes de renvois viennent s'ajouter aux souffrances déjà subies dans les pays d'origine et pendant leurs parcours.
Parce que ces procédures Dublin et Schengen empêchent des êtres humains de se poser et de construire leurs projets de vie ou d'avoir droit à une éducation scolaire correcte pour les enfants.
Parce que au-delà du renvoi dans un pays Schengen où déjà le plus souvent ces personnes se retrouvent en très grande précarité l'Europe ne peut ignorer les différents accords de réadmission qui se fomentent également avec les pays d' origine où le plus souvent la personne se retrouve en danger de mort.
Parce qu'il n'y a pas une crise de l'immigration mais bien un état structurel d' immigration dû a l'évolution de notre monde, aux conflits qui y règnent et au changement climatique en marche.
Enfin de quel droit des êtres humains nés par hasard dans  certains coins plus favorisés de la planète interdiraient à d'autres êtres humains le droit de vivre en paix avec leur famille là où ils veulent?

 

I think the procedure is very often unfair.

 

Je suis volontaire en service civique auprès des réfugiés dans un cao. Vous devez prendre le temps pour eux !

 

Je signe ! Et si je pouvais, mille fois je signerais !!! Dublin, abolition !
Par humanité, par équité, abolissez les accords de Dublin !

 

Offrons l'asile politique à l'endroit où souhaitent les demandeurs,

 

En solidarité avec tous les migrants empêchés de demander l'asile en France et qui redoutent un renvoi vers un pays à même de les renvoyer dans leur propre pays qu'ils ont fui.

 

Pour le respect du droit d'asile !

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