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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89, Prahda, Ofpra.

Ce 4 août, aux côtés de Cissé ...

Publié le 6 Août 2017 par lieb in Nous les soutenons, Paroles de demandeurs d'asile, nous informons, Prahda, Chronique en 89

" so-so-so-solidarité, avec Cissé "

 

"Aujourd'hui, de nombreux soutiens s'étaient donc donnés rendez-vous à Appoigny à 13h. Grâce à toutes ces voitures, nous avons pu emmener une vingtaine de migrants qui souhaitaient accompagner leur camarade Cissé à la préfecture, en signe de soutien et pour protester contre les expulsions. 

 

D'autres amis nous attendaient à Auxerre. Nous étions en tout une quarantaine, et nous nous sommes rassemblés devant la préfecture. 

 

Nous avons fait une courte marche jusqu'aux grilles de la rue Cochois, en scandant :  « so-so-so solidarité, avec les réfugiés » (et sa variante : « so-so-so-solidarité, avec Cissé), et « égalité, égalité, fraternité, fraternité ». C'était un moment fort de solidarité et de lutte partagée !

 

Grâce à nos cris et à notre énergie, toute la préfecture a dû être au courant de notre arrivée, et on a montré qu'on était déterminé.

 

Le cortège a laissé Cissé aux grilles de la préfecture. Il est allé au rendez-vous accompagné de deux personnes, ce qui est nouveau et sans doute dû à la pression du groupe qui le soutenait. 

 

Lors de son entrevue, Cissé a clairement dit qu'il ne souhaitait pas retourner en Espagne. Cela a été dur pour lui. Le chef du service des étrangers et son adjointe ont pu voir la violence de la procédure qu'ils étaient en train de mettre à exécution.

 

Cissé est donc assigné à résidence trois fois par semaine. Il doit aller signer à la gendarmerie d'Auxerre les lundi, mercredi, vendredi. S'il n'y va pas, il risque d'être déclaré en fuite. Sa période Dublin serait alors prolongée, et il risquerait de perdre son allocation financière et son hébergement.

 

Étant assigné à résidence, il n'a que 48h pour faire un recours (donc jusqu'à dimanche, 15h...). Il aurait deux semaines pour préparer ce recours s'il n'était pas assigné à résidence. La préfecture utilise en fait tous les moyens pour empêcher les migrants de se défendre. 

 

Il se peut très bien qu'un jour, en signant à la gendarmerie, les gendarmes lui demandent de rester et l'emmènent en Centre de Rétention Administrative (CRA), la prison des étrangers.

 

Il a un arrêté de transfert à destination de l'Espagne. Pour le mettre en œuvre, la préfecture lui a déjà pris un billet d'avion, pour le 14 août. S'il n'y va pas, l'arrêté de transfert risque alors encore plus d'être exécuté par la force, en l'arrêtant et en le forçant à monter dans un avion. 

 

Quand Cissé est sorti de la préfecture, on a de nouveau entendu quelques slogans ! 

 

Après la sortie de la préfecture, nous nous sommes tous retrouvés à Appoigny. Nous avons fait le point sur la situation de Cissé, et lancé des pistes et des actions pour la suite ...

 

France Bleu et l'Yonne Républicaine devraient parler de la journée d'aujourd'hui. Elle a été difficile pour Cissé, et en même temps il nous a dit que la mobilisation avait été importante pour lui, qu'elle lui avait donné du courage. 

 

Alors on lâche rien, on continue le combat contre toutes les expulsions !"

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