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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89, Prahda, Ofpra.

Demandeurs d'asile en France : Inégalité dans les conditions de vie, précarité et menaces continuelles à Grandmont.

Publié le 3 Juin 2017 par lieb

Ce qui se passe ailleurs :

Grandmont près de Tours

L'inégalité dans les conditions de vie entre les centres parfois gérés par la même association apparaît ici clairement ainsi que l'extrême précarité de la vie des demandeurs en France et le combat quotidien qu'ils doivent mener.

Grèves de la faim et menaces d’expulsion au CAO Grandmont de Tours


Depuis le samedi 3 juin, trois résidents du CAO de Grandmont, géré par ADOMA, sont en grève de la faim. ADOMA a annoncé à quinze résidents dublinés ou déboutés qu’ils doivent quitter le CAO sous peine d’être évacués par la police, sans pour autant leur proposer de solution d’hébergement, alors que le 115 est saturé de demandes et laisse tous les jours des personnes à la rue.
C’est Sylvain Olivier, directeur local d’ADOMA, qui a réuni la semaine dernière les résidents lors d’une réunion extraordinaire. Selon ses mots, la quinzaine de résidents déboutés du droit d’asile ou sous le régime dit « de Dublin » devront quitter les lieux dans les semaines à venir, ou c’est la police qui viendra les expulser. Ces menaces arrivent en plein Ramadan et ne sont pas sans rappeler la fermeture du foyer Albert Thomas qui était survenue en pleines fêtes de fin d’année…
Refusant cette injonction, trois ressortissants du Soudan actuellement sous le régime de Dublin ont entamé une grève de la faim [1]. 60 personnes environ sont actuellement hébergées au CAO Grandmont de Tours, dont certains ont été orientés depuis Calais ou le quartier de la Chapelle, à Paris.
Tout comme à Saint-Pierre-des-Corps, c’est l’entreprise ADOMA qui gère le CAO mais pour autant, les règles n’y sont pas les mêmes : interdiction de se réunir pour prier, interdiction de faire des réunions, pas de salle télé, aucune convention avec une association pour les loisirs ou les cours de français contrairement à Saint-Pierre, des agents de sécurité qui tournent jour et nuit dans les couloirs… les résidents se sentent laissés pour compte et tenus à l’écart. Il leur a même été interdit d’installer un congélateur alors que les réfrigérateurs mis à disposition ne permettent pas de stocker la viande nécessaire, d’autant plus lors du Ramadan.
Il avait été annoncé que le CAO fermerait le 30 juin et aucune précision n’a été apportée depuis aux résidents, laissés dans un flou quotidien supplémentaire. Depuis les menaces d’expulsions par la police, les résidents ne dorment plus sereinement et la tension monte.
Les collectifs Albert Thomas ou de Saint Pierre se mobilisent pour soutenir les résidents et annoncent des manifestations courant juin.
contact : collectifalbertthomas@gmail.com

P.-S.
Deux anciens résidents du foyer Albert Thomas, relogés au CAO Grandmont, ont récemment été sortis de la procédure Dublin, pouvant ainsi déposer leur demande d’asile en France. Pour les autres résidents, cela prouve qu’il est possible de sortir de cette procédure.
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Notes
[1] Pour la plupart des résidents concernés, le motif de cette menace d’expulsion est qu’ils ne se sont pas présentés à leur second rendez-vous en préfecture. Si ils se rendent à ce rendez-vous (comme précisé sur la convocation), cela signifie qu’ils acceptent d’être renvoyés dans le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe. Les réfugiés ne se rendent donc pas à ce second rendez-vous car ils refusent simplement d’être expulsés.
Menacés d’expulsion dans tous les cas, les trois
       ressortissants Soudanais refusent cet étau qu’ils dénoncent
       en entamant une grève de la faim.

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