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Demandeurs d'asile en 89

Plus de 150 demandeurs d'asile ont été amenés d'abord de Paris (La Chapelle, Jaurès, Stalingrad...) puis de Calais dans l'Yonne. Une grande majorité dépend de Dublin. Ils ont pris tous les risques et maintenant ils risquent le retour dans un pays où ils ont été enregistrés contre leur gré et où les conditions d'accueil ne sont pas acceptables. Lire dans la rubrique Pages : notre pétition, la lettre des demandeurs d'asile soudanais d'Auxerre ... . Consulter les catégories : Paroles de demandeurs d'asile, Pays de non asile, Nous les soutenons, Nous informons, Chronique en 89, Prahda, Ofpra.

Il réfléchit, puis me souffle qu'il a une idée mais qu'il ne pourra pas la dire ...

Publié le 12 Avril 2017 par lieb in Paroles de demandeurs d'asile

Il réfléchit, puis me souffle qu'il a une idée mais qu'il ne pourra pas la dire ...

Paroles de demandeurs

Ce témoignage adressé au blog le 11 avril. Il traduit de manière perceptible le désarroi des demandeurs qui voient leurs amis emmenés ...

Séance de travail samedi dernier avec H, un ami afghan d'une vingtaine d'années. Il veut préparer un exercice où il doit se présenter, et parler de ses parents, ses frères et sœurs, ses goûts.

A la question « qu'est-ce que tu aimes ? », il répond qu'il aime le foot, et qu'il aime écrire. Il a effectivement une très belle écriture.

Puis vient la question contraire : « qu'est-ce que tu n'aimes pas ? ». Il me dit qu'il n'aime pas « la bagarre ». Je trouve que le mot fait un peu enfantin, et lui indique qu'il faudrait peut-être mieux écrire « la violence ». Il me demande de lui expliquer le sens de ce nouveau mot, et il est d'accord.

Je lui fais remarquer qu'il a donné deux choses qu'il aimait, et qu'il serait pertinent d'en mettre deux qu'il n'aime pas, pour équilibrer. Il réfléchit, puis me souffle qu'il a une idée mais qu'il ne pourra pas la dire. On est entre nous, pourtant. Il n'y a personne d'autre, mais il est gêné, et me dit que non, ça ne se fait pas. Mais je sens qu'il a quand même besoin d'en parler, alors j'insiste un peu, à peine. Il finit par lâcher, avec un sourire un peu embarrassé : « je n'aime pas la police, parce qu'elle voudrait déporter mes amis ».  Il écrit ça.

Dans la dernière question, on lui demande son rêve. Il hésite d'abord à écrire « devenir mécanicien ». Puis il change d'avis. « Mon rêve est de revoir ma famille ».

 

 

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